Comment récupérer son permis après invalidation ?
Publié le 2026-07-05 13:00:00
Perdre tous ses points fait basculer dans l'invalidation du permis. La sanction tombe avec la lettre 48SI, envoyée en recommandé. Elle annonce un solde de points nul et la fin du droit de conduire. La base légale : l'article L223-5 du code de la route.
Attention à ne pas confondre. L'invalidation découle d'une perte totale de points. La suspension et l'annulation, elles, relèvent d'une décision administrative ou d'un juge. Le parcours de retour diffère selon les cas.
Dès réception de la 48SI, le permis part à la préfecture sous 10 jours. L'assurance auto doit aussi être prévenue sous 15 jours. Conduire malgré l'invalidation coûte cher : 2 ans de prison et 4 500 € d'amende.
Vient ensuite une période d'interdiction de conduire. Elle dure 6 mois, portée à 1 an en cas d'invalidation déjà subie dans les cinq années précédentes. Le compte à rebours démarre à la remise du permis au préfet.
Comment retrouver le volant après ce choc administratif ? Le retour suit quatre étapes : test psychotechnique, visite médicale, inscription ANTS, puis examens. Chaque étape répond à des règles précises.
Les tests psychotechniques du permis
Cet examen ouvre la marche du retour au permis. Il vérifie que les aptitudes du conducteur restent compatibles avec une conduite sûre. Obligatoire après une invalidation, il se passe avant la visite médicale.
Ce que le test évalue
Le test mesure des aptitudes cognitives et motrices. Au programme : le temps de réaction, l'attention, la coordination et la stabilité des gestes. Il ne s'agit pas d'une épreuve de Code. Les exercices sondent des aptitudes naturelles, sans révision possible. L'entretien, lui, peut aborder le rapport aux règles et aux infractions.
Plusieurs exercices informatisés se succèdent. En voici quelques exemples courants.
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Test |
Aptitude mesurée |
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Tourneur de Lahy |
Stabilité et coordination des mains |
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Chronoscope |
Temps de réaction et réflexes |
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Test d'attention |
Concentration face aux distractions |
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Bonnardel (B101) |
Raisonnement et intelligence pratique |
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Coordination œil-main |
Synchronisation entre regard et gestes |
Le psychologue observe surtout le compromis entre vitesse et précision. Un geste rapide mais brouillon compte autant qu'une réaction trop lente.
Comment se déroule l'examen
L'examen dure 40 minutes au minimum, souvent autour de 45. Il se tient face à un psychologue déclaré auprès du préfet, dans un centre agréé. Deux temps s'enchaînent.
D'abord, un entretien individuel. Le psychologue revient sur le parcours du conducteur et les circonstances de l'invalidation. Ensuite, les exercices sur ordinateur. Le matériel varie selon le test proposé.
Le coût tourne autour de 100 €. À l'issue, le psychologue rédige un compte rendu. Ce document est à présenter au médecin agréé ou à la commission médicale. L'avis psychotechnique reste valable 6 mois.
La visite médicale
Une fois le test psychotechnique en poche, place au contrôle médical. Ce rendez-vous juge l'aptitude physique, cognitive et sensorielle à reprendre la route. Sans avis favorable, pas de retour au permis.
Médecin agréé ou commission médicale
L'interlocuteur dépend de l'infraction d'origine. Pour une invalidation liée à l'alcool ou aux stupéfiants, le rendez-vous se prend auprès de la commission médicale. Elle dépend de la préfecture. Pour les autres cas (vitesse, téléphone, ceinture...), un médecin de ville agréé par le préfet suffit. Ce praticien ne peut pas être le médecin traitant du conducteur.
La liste des médecins agréés figure sur le site des préfectures.
Documents, coût et validité
Le jour du contrôle, le dossier réunit plusieurs pièces :
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le formulaire cerfa n°14880 prérempli ;
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une pièce d'identité ;
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la décision d'invalidation et sa lettre de notification ;
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le résultat du test psychotechnique.
Les examens médicaux demandés dans la 48SI s'y ajoutent au besoin.
Côté tarif, le contrôle s'élève à 36 € chez un médecin agréé. Il atteint 50 € devant une commission départementale. L'Assurance maladie ne rembourse rien, ni le contrôle ni les examens complémentaires.
Un avis favorable vaut 2 ans. Il s'attache ensuite au dossier d'inscription à l'examen. Un avis défavorable, lui, déclenche une décision d'inaptitude, assortie de voies de recours.
Démarches ANTS
Test et visite médicale validés, le dossier passe au numérique. Tout se règle en ligne sur le site de France Titres (ANTS). Cette étape officialise le retour au permis.
L'inscription "retour au permis"
La demande s'effectue via le service en ligne dédié au retour après invalidation. Un repère compte pour les conducteurs concernés : le délai de 9 mois après la remise du permis. Il conditionne surtout la possibilité de ne repasser que le code, détaillée plus bas.
Quelques documents numérisés suffisent : pièce d'identité, justificatif de domicile, photo ou photo-signature, et avis médical favorable. Le justificatif de domicile doit dater de moins de 6 mois.
La fiche retour au permis
Après instruction, l'ANTS envoie par mail une attestation d'inscription, aussi nommée fiche retour au permis. Ce document précise deux informations clés : les épreuves à repasser (code seul, ou code et conduite) et la date de fin d'interdiction.
Bon à savoir : la catégorie AM (cyclomoteur, voiturette) échappe à l'invalidation. Un titre limité à cette catégorie reste accessible via l'ANTS.
Faut-il repasser le code et la conduite ?
Voilà la question qui revient sans cesse. La réponse tient à deux facteurs : l'ancienneté du permis et les délais respectés. Deux scénarios se dessinent.
Le code seul, sous trois conditions
Repasser uniquement l'épreuve théorique reste possible. Trois conditions doivent être réunies en même temps. Le permis devait dater de 3 ans ou plus à la perte de validité. L'interdiction de demander un nouveau titre devait rester inférieure à 1 an. Enfin, l'inscription à l'examen devait partir dans les 9 mois suivant la remise du permis. Une seule condition manquante fait basculer vers l'examen complet.
Le code et la conduite
Dès le départ, un permis de moins de 3 ans impose les deux épreuves. Même règle si l'une des trois conditions précédentes n'est pas remplie. En clair : une interdiction d'un an ou plus, ou une inscription tardive, ramène à la case départ. Pour plusieurs catégories détenues, chaque épreuve pratique se repasse.
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Situation |
Épreuves à repasser |
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Permis ≥ 3 ans, interdiction < 1 an, inscription < 9 mois |
Code seul |
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Permis < 3 ans |
Code et conduite |
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Une des trois conditions non réunie |
Code et conduite |
Un dernier point mérite l'attention. Le permis retrouvé est un permis probatoire, doté de 6 points. Le conducteur repart donc avec un capital réduit, à reconstituer au fil des années sans infraction.